La maison était calme, presque silencieuse. Presque car seul un léger cliquetis et le tic-tac d'une horloge déréglée rompaient le silence. Cela durait depuis déjà un moment, une demi heure, ou peut-être quelques heures.
Un grattement contre du bois se fit entendre, suivi d'un soupir et le son de cliquetis s'interrompu. Puis la jeune fille se leva de son fauteuil, traversa le salon et sa cuisine, laissant derrière elle une légère trainée de parfum d'épice aux notes sucrées, pour aller ouvrir la porte à un chien jaune et plein de vie qui se précipita à l'intérieur. Après un bref regard en direction du ciel d'un bleu sombre et profond, tacheté de lumière, Licia referma la porte avec un léger frisson. Elle ne s'était pas rendu compte qu'il était déjà si tard.
"C'est toi qui a demandé à sortir." lança-t-elle à l'animal, réfugié près du chauffage. Ce a quoi il répondit d'un regard accusateur. "Bon, je reconnais que j'aurais pu te laisser rentrer plus tot, mais tu sais bien quand je suis en pleine écriture.. Oula mais tu dois avoir faim! je vais te donner tes croquettes"
Au son de ce dernier mot aux propriétés magiques, le chien s'élança dans une course effrénée autour de la table, puis de long en large pour finir dans les jambes de sa maîtresse (ce qui causa à cette dernière une grimace amusée).
"Maman a appelé, son vol est en retard donc on va passer la soirée juste nous deux, ce a quoi elle ajouta avec un soupir : Comme d'hab quoi."
Bien plus intéressé par le sac de nourriture qu'elle tenait a la main que par ses propos, son ami a quatre pattes ne réagit pas et continua de remuer la queue, attentif a chacun de ses gestes.
Parler à son chien était devenu une habitude chez Licia, et elle ne se rendait meme plus compte du ridicule et du pathétique qu'il y avait à cela. La journée avait été parsemée d'averses, décourageant toute envie de sortir, si envie il y eût. Le ciel s'était enfin dégagé à la tombée de la nuit, inutile, sauf pour admirer les astres. Mais à quoi bon quand on est seul?
Seule, Licia ne l'était pas tout à fait. Elle vivait avec son père qu'elle adorait, passait de temps à autre des week-ends avec sa mère (plutôt "chez" qu' "avec"), et avait un "adorable petit ami" qui semblait une fois de plus l'avoir oublié ce soir là.
Cependant il y avait encore autre chose. Une intuition, une aura, une présence, appelez-la comme vous le souhaitez, Licia l'appelait son ange gardien ou sa chance, qui semblait l'accompagner, la guider, la protéger. Et la jeune fille en avait conscience et la remerciait souvent, mais probablement pas assez. C'était le genre d'intuition qui lui faisait sentir à l'avance que son petit ami déclinerait son invitation à venir lui rendre visite ce week-end, ou encore qui la poussait à aller dans sa chambre, sans aucun motif particulier, au moment précis où son portable, sur son lit, recevait un appel en silencieux. Licia ne comprenait pas vraiment d'où venait ces "intuitions" mais elle avait l'impression que si elle partageait ce secret dans sa globalité, son doux ange gardien se ferait silencieux.
En pensant à tout cela, Licia servit le repas tant désiré à son chien. Elle fut tiré de sa rêverie par un appel venant de son petit ami. Ce dernier lui expliqua rapidemment qu'il avait été obligé de passer la soirée a travailler, sous l'oeil de son père, pour au final n'y trouver aucune récompense si ce n'est quelques minutes pour l'appeler. La jeune fille souris et rit tranquillement lui expliquant que ce n'était pas grave, ce qui semblait que très peu le rassurer. En effet, Licia ne lui en voulait pas, elle savait bien depuis le début de la soirée que c'était le scénario le plus probable, et la poussière d'amertume qui s'était amassé au fond d'elle fut balayé en un instant. Son être chéri raccrocha pour se rendre à la réunion sociale, familiale et sacrée baptisée "diner". Elle en fit autant de son côté, a la différence près que le sien serait en solitaire.
Ah non, c'est vrai qu'il y avait le chien.
Un grattement contre du bois se fit entendre, suivi d'un soupir et le son de cliquetis s'interrompu. Puis la jeune fille se leva de son fauteuil, traversa le salon et sa cuisine, laissant derrière elle une légère trainée de parfum d'épice aux notes sucrées, pour aller ouvrir la porte à un chien jaune et plein de vie qui se précipita à l'intérieur. Après un bref regard en direction du ciel d'un bleu sombre et profond, tacheté de lumière, Licia referma la porte avec un léger frisson. Elle ne s'était pas rendu compte qu'il était déjà si tard.
"C'est toi qui a demandé à sortir." lança-t-elle à l'animal, réfugié près du chauffage. Ce a quoi il répondit d'un regard accusateur. "Bon, je reconnais que j'aurais pu te laisser rentrer plus tot, mais tu sais bien quand je suis en pleine écriture.. Oula mais tu dois avoir faim! je vais te donner tes croquettes"
Au son de ce dernier mot aux propriétés magiques, le chien s'élança dans une course effrénée autour de la table, puis de long en large pour finir dans les jambes de sa maîtresse (ce qui causa à cette dernière une grimace amusée).
"Maman a appelé, son vol est en retard donc on va passer la soirée juste nous deux, ce a quoi elle ajouta avec un soupir : Comme d'hab quoi."
Bien plus intéressé par le sac de nourriture qu'elle tenait a la main que par ses propos, son ami a quatre pattes ne réagit pas et continua de remuer la queue, attentif a chacun de ses gestes.
Parler à son chien était devenu une habitude chez Licia, et elle ne se rendait meme plus compte du ridicule et du pathétique qu'il y avait à cela. La journée avait été parsemée d'averses, décourageant toute envie de sortir, si envie il y eût. Le ciel s'était enfin dégagé à la tombée de la nuit, inutile, sauf pour admirer les astres. Mais à quoi bon quand on est seul?
Seule, Licia ne l'était pas tout à fait. Elle vivait avec son père qu'elle adorait, passait de temps à autre des week-ends avec sa mère (plutôt "chez" qu' "avec"), et avait un "adorable petit ami" qui semblait une fois de plus l'avoir oublié ce soir là.
Cependant il y avait encore autre chose. Une intuition, une aura, une présence, appelez-la comme vous le souhaitez, Licia l'appelait son ange gardien ou sa chance, qui semblait l'accompagner, la guider, la protéger. Et la jeune fille en avait conscience et la remerciait souvent, mais probablement pas assez. C'était le genre d'intuition qui lui faisait sentir à l'avance que son petit ami déclinerait son invitation à venir lui rendre visite ce week-end, ou encore qui la poussait à aller dans sa chambre, sans aucun motif particulier, au moment précis où son portable, sur son lit, recevait un appel en silencieux. Licia ne comprenait pas vraiment d'où venait ces "intuitions" mais elle avait l'impression que si elle partageait ce secret dans sa globalité, son doux ange gardien se ferait silencieux.
En pensant à tout cela, Licia servit le repas tant désiré à son chien. Elle fut tiré de sa rêverie par un appel venant de son petit ami. Ce dernier lui expliqua rapidemment qu'il avait été obligé de passer la soirée a travailler, sous l'oeil de son père, pour au final n'y trouver aucune récompense si ce n'est quelques minutes pour l'appeler. La jeune fille souris et rit tranquillement lui expliquant que ce n'était pas grave, ce qui semblait que très peu le rassurer. En effet, Licia ne lui en voulait pas, elle savait bien depuis le début de la soirée que c'était le scénario le plus probable, et la poussière d'amertume qui s'était amassé au fond d'elle fut balayé en un instant. Son être chéri raccrocha pour se rendre à la réunion sociale, familiale et sacrée baptisée "diner". Elle en fit autant de son côté, a la différence près que le sien serait en solitaire.
Ah non, c'est vrai qu'il y avait le chien.